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Rubens diplomate

avril 25, 2013

Pierre-Paul Rubens est né près de Cologne en 1577. Ses parents, protestants, ont quitté les Pays-Bas pour l’Allemagne quelques années avant sa naissance à cause de leur religion, au tout début des tourments de la lutte interreligieuse qui va embraser l’Europe. Son père est jurisconsulte, et a été autrefois échevin d’Anvers. Après la mort du père, la mère et ses enfants retournent à Anvers lorsque Pierre-Paul a 12 ans. Il s’y convertit au catholicisme vers l’âge de treize ou quatorze ans. Ses premiers travaux payés se situent à cet âge, car il reçoit un paiement pour copier les figures de la Bible du graveur maniériste suisse Tobias Stimmer.

Il fait de bonnes études littéraires classiques, ce qu’on appelle alors les humanités, et, après avoir été page, entre en apprentissage dans plusieurs ateliers de la ville. Curieux, humaniste au sens classique du terme, très instruit, il adopte des valeurs fondées sur l’éthique qui le poussent à être diplomate. Il correspond avec des savants de diverses universités du sud de l’Europe, dont le provençal Peiresc. Il collectionne tableaux et gravures. Polyglotte, il parle néerlandais, français, allemand, italien, espagnol et latin, mais pas l’anglais, qui n’est pas encore langue diplomatique. Les négociations avec l’Angleterre se passent encore en français.

rubens_mantuaDevenu maître de la guilde de Saint-Luc d’Anvers en 1598, à 21 ans, Rubens va en Italie, à Venise, Mantoue, Gênes et Rome, de 1600 à 1608. D’Anvers, sa route longe l’Escaut et ses affluents jusqu’à la Meuse et Maastricht, passe à Aix-la-Chapelle, puis il descend le Rhin de Cologne ou Bonn jusqu’à Mayence, et contourne les Alpes Rhétiques par Nuremberg, Münich et Innsbruck. Sa première étape italienne est Mantoue, où il séjourne plusieurs années auprès du duc Vincent II Gonzague, et où il accomplit sa première mission diplomatique vis à vis de l’Espagne.

Il devient rapidement célèbre dès son séjour à Rome, car son dessin exubérant et sa pâte incomparable plaisent, et les gravures de ses tableaux se vendent très bien. A son retour d’Italie, il passe quelques temps à Bruxelles, où il devient le peintre officiel de la cour de l’archiduc Albert, puis de l’infante Isabelle, qui gouverne les Pays-Bas du sud au nom du roi d’Espagne après la mort de son époux. Il s’installe ensuite définitivement à Anvers. Il produit beaucoup. Son atelier grandit et compte de nombreux collaborateurs. Il forme de nombreux élèves, dont Jordaens, Ryckaert, Van Dyck, et surtout Brueghel de Velours.

C’est d’ailleurs cet atelier pléthorique et bien organisé qui lui permet par la suite de voyager librement et sans entraves. Il est rapidement l’homme le plus riche et le plus célèbre d’Anvers. Les Pays-Bas sont en train de vivre la grande période du commerce des oignons de tulipes, bulle financière et spéculative très opportuniste qui durera quarante ans, jusqu’à ce que la guerre de Trente ans les atteigne en 1637.

Puis il voyage pour effectuer des commandes, en Allemagne, en Angleterre, en France et en Espagne surtout. Il peint des portraits des rois et des grands, rencontre Velasquez qu’il incite à aller en Italie. En réalité, à partir de 1621 surtout, tous ces voyages cachent des missions diplomatiques pour le compte des Pays-Bas espagnols. Les motivations de Rubens pour la diplomatie sont autant pécuniaires que religieuses et morales. Ce qui l’intéresse dans la paix, c’est la tranquillité des petites gens. C’est aussi qu’elle permet le commerce et la circulation des personnes et des biens dans l’espace européen.

A partir de 1618, a commencé la guerre de Trente ans, qui est une guerre de religion entre catholiques et protestants. Elle commence par toucher l’Allemagne, mosaïque de petits états plus ou moins fédérés, et gagne rapidement tout l’ouest et le nord de l’Europe par le jeu des alliances. Sous le manteau, Rubens est le principal négociateur du traité anglo-espagnol de 1630, et à ce titre il est anobli en Espagne, fait chevalier et décoré en Angleterre. Mais il échoue à faire se rapprocher les points de vue des Pays-Bas du nord et du sud en 1631-32, et c’est le parti adverse, le nord, qui l’emporte finalement, par l’argent et non par les armes.

rubens_mariemedicisIl va à Paris trois fois entre 1621 et 1625. La France n’est pas encore touchée par la guerre. Mais il est déjà en mission diplomatique. Il travaille à l’ambitieux projet de la galerie du Luxembourg, sur des portraits de Marie de Médicis, dont il sera à la fin de sa vie l’ultime soutien. Il dessine également des cartons de tapisseries. Rubens met à profit les longues séances de pose avec la reine-mère pour entreprendre de difficiles négociations entre la France et l’Espagne. Rapidement, Richelieu trouve suspectes les accointances entre ce peintre flamand voyageur, l’italienne Marie qui est plus ou moins prisonnière de son fils, et le parti espagnol de la reine Anne d’Autriche qui se compromet avec les ennemis de la France. Après un dernier voyage à Paris en 1626, lui aussi lié à une mission diplomatique, cette fois auprès du duc de Buckingham, proche de la reine, la France lui est fermée par le cardinal, car elle est désormais en guerre contre les Pays-Bas et l’Autriche. Les missions alors s’espacent pour quelques années, sauf vers l’Angleterre. Il ne les reprend que lorsque Marie de Médicis, harcelée par son fils Louis XIII et par le cardinal de Richelieu, fuit vers Bruxelles en 1631, perdant aussitôt tous ses soutiens. Elle mourra onze ans plus tard dans la maison natale du peintre, près de Cologne, quelques jours avant Richelieu.
Après 1632, malade et remarié à une très jeune femme, il se retire définitivement de la diplomatie. Il meurt en 1640, à l’âge de 63 ans.

Catherine Créhange
1er août 2008

Le waterzooi d’Anvers

La recette originelle est à base de poissons d’eau douce pêchés dans l’Escaut; les recettes à base de poulet sont apparues plus tardivement, lorsque la pollution de l’Escaut est devenue trop importante pour consommer les poissons de rivière, et que le prix du poulet a diminué.

Ingrédients pour 6 personnes:

1,5 kg de poissons de rivière (de l’Escaut à l’origine), sole, lotte, turbot, etc.
1 morceau d’anguille ou de congre déjà cuit (facultatif)
1,2 litre de moules
1 gros oignon
3 carottes
3 blancs de poireaux
1 pied de céleri
1/2l de vin blanc sec
beurre
35cl de crème
1 oeuf
herbes: cerfeuil, persil, coriandre, ciboulette, en grande quantité
quelques graines de moutarde

Préparation

Faire blondir l’oignon dans un peu de beurre; ajouter le céleri, les moules grattées et le vin blanc; laisser juste ouvrir les moules à feu vif. Egoutter en conservant le jus; retirer les coquilles des moules.

Faire revenir les légumes émincés en julienne avec un peu de beurre; ajouter la moitié du jus des moules filtré et les herbes pour faire un jus vert; laisser réduire 20mn. Mettre les poissons coupés en gros morceaux sur les légumes; ajouter le reste du jus des moules; laisser cuire quelques minutes; finir éventuellement au four à 180°C.

Battre ensemble l’oeuf et la crème; ajouter les graines de moutarde et des herbes hâchées.

Le waterzooi se sert dans un grand plat creux ou à la rigueur une soupière.
On dresse d’abord les légumes en couche et le jus vert, puis les poissons et tout autour une couronne de moules;
on arrose ensuite de la crème à la moutarde et on dispose un peu de cerfeuil et de persil hâchés par-dessus.

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